Hommage à Frank Pé

Frank s’est allé, le 29 novembre dernier, rejoindre son Oncle de Papier René, laissant derrière lui une constellation d’images, de récits et de lumière. Son œuvre, de Broussaille avec Bom, a marqué des générations de lecteurs, révélant la poésie discrète des instants et la beauté fragile du monde.

La vie nous rappelle parfois sa fragilité à travers la perte d’amis très chers. J’ai eu la chance immense, grâce à mon époux René, de croiser la route de grands dessinateurs. Je revois encore l’inauguration de la salle « René Hausman », le 15 septembre 2000 à Fontaine-L’Évêque, où se tenaient Frank Pé, André Geerts, Roger Camille « Kiko » et l’ami de toujours Pierre Dubois. Leur talent, leur humanité et ces instants partagés demeurent des trésors inestimables. La vie est précieuse, et ce sont les souvenirs de ces moments de bonheur qui continuent à nous éclairer comme des éclats de lumière au cœur de l’absence.

En février 2008, l’Abbaye de Stavelot s’était transformée en écrin vibrant pour accueillir l’univers poétique et foisonnant de René Hausman. Les vieilles pierres dialoguaient avec les aquarelles et les dessins, comme si l’art avait trouvé refuge dans la mémoire des lieux. En avril de cette même année, Frank Pé, ami fidèle et compagnon de route artistique, participa à cette aventure. Leur complicité, nourrie par une admiration réciproque, reste gravée dans ces photos et dans nos cœurs.

Le 8 novembre 2014, Frank&René se retrouvaient pour une dernière collaboration

à la Fête de la BD à Andenne…

Aujourd’hui, Frank nous laisse orphelins de sa présence, mais riches de son héritage. Ses dessins continuent de respirer, de nous inviter à contempler la nature, les animaux, les êtres et les songes avec tendresse et émerveillement. Il a sculpté la lumière dans nos imaginaires, et cette lumière ne s’éteindra pas.

Au revoir Frank. Ton trait, ta poésie et ton humanité demeurent, comme une flamme douce qui éclaire nos souvenirs et guide nos pas dans l’ombre de l’absence.

Nathalie Troquette